Photos prises dans les années 30...

Au premier plan, le monuments aux morts construit par l'architecte/sculpteur Poisson. Juste derrière à gauche, le kiosque des tramways "Gambetta", dans le plus pure style Art nouveau. Au fond, les Galeries du Havre et à droite, le Cinema LE SELECT, cinema cité dans "Un Rude Hiver" de Raymond Queneau, dont l'histoire (sorte d'autobiographie) se déroule au Havre, au coeur de la première guerre mondiale.

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Sur la photo ci-dessous nous voyons l'Hotel de Bordeaux. Cet hotel reconstruit après la guerre au même emplacement a changé de nom l'année dernière. Il s'appel désormais le "ART HOTEL". Cet hotel très fréquenté par les artistes en tournée et les personnalités de passage a été victime d'un attentat en 1943. Un colis piégé déposé par le célèbre et héroïque groupe de résistance "Le Vagabond Bien Aimé", visait une librairie Allemande installée rez de chaussé (rue de Paris). Cet hotel disparaîtra avec tout le quartier le 5 Septembre 1944.

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1944/1945: Les morts sont partout. A chaque carrefour, sous chaque immeuble on découvre des corps. Les cimetières de la ville sont pleins et pour éviter des épidemies ont enterre les corps dans le square Saint-Roch et sur la place Gambetta. Des centaines de petites croix en bois se dressent autour du monument de la victoire 1914-1918. Cette vision apocalyptique nous prouve que le monde est fragile, et qu'il faut rester vigilent envers toute sorte d'extrémisme. Comme les juifs, les résistants, les communistes, la population civile de certaines villes d'Europe à payé de se vie la barbarie Nazi. (Rappelez vous bien de cette photo, lorsque vous passerez aux urnes en Avril prochain)

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20 ans plus tard (la photo a été prise au début des années 50), Le Havre se relève de ses ruines. L'internaute de passage pourrait croire qu'on a déplacé le monument aux morts dans une autre ville et pourtant c'est bien le seul vestige du quartier. Les immeubles Perret ont fier allure. Les commerces se réinstallent petit à petit. La réouverture des Galeries du Havre fait grand bruit. Sa cafétaria panoramique à l'américaine attire beaucoup de monde. Les habitants reviennent au grès des fin de chantier. Les rues ne sont pas encore pavés, et l'aspect minéral est renforcer par une abscence totale d'arbres (Ils ont tous brulés en 44). Il faudra attendre 50 ans pour que les arbres repoussent.

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On dit que l'histoire est gravée dans la pierre. Alors les multiples alégories qui composent le monuments aux morts ont bravé le temps pour témoigner de ce "drôle de siecle", un siecle mélé de joies et d'atrocités...Ce monument est le témoignage de plusieurs générations de Havrais. Espérons que plus aucun nom ne soit jamais gravé sur cette pierre.