Juin 1940, le ciel de la capitale française s'obscursit. Paris brule t'il ??? Non, c'est Le Havre qui brule !!! à 220 km à vol d'oiseau de la Cathédrale Notre-Dame…

1939 - Le Havre à la veille de l'invasion Nazi s'apprête à vivre des heures tragiques. L'annonce par la presse de l'époque "Petit Havre et Havre Eclair", des bombardements de Rotterdam, Anvers, Amsterdam par les Stukas de la Luftwaffe fait craindre le pire aux havrais. Tout le monde sait que la Cité Océane sera aux premières loges du "Blitzkrieg" Allemand lorsqu'ils envahiront la France. Les havrais se préparent, on colle du ruban adhésif aux fenêtres, on recouvre les monuments de sacs de sable, on calfeutre les phares des véhicules, des ballons captifs se dressent dans le ciel. La municipalité distribut des masques à gaz à toute la population, hommes, femmes, enfants, vieillards, bébés… A l’école on apprend aux petits havrais comment réagir en cas de raid aérien. Partout Le Havre se ouvre d’abris, de tranchées. En centre-ville les caves de certains immeubles sont aménagées en abris de grande capacité.

Mai 1940 – c’est la guerre. Cela de fait plus aucun doute, les armées Nazi envahissent la France. Comme en 1914, Le Havre se transforme en base arrière des armées alliées…mais très vite c’est la débâcle. Les Allemands se rapprochent de plus en plus du Havre. Comme à Dunkerque, les Anglais tentent de rapatrier leurs armées en urgence. Les Allemands sont déjà dans le ciel du Havre. Les premiers bombardements on lieu fin Mai. Les toutes premières bombes recensées tomberont juste en face du Nice Havrais, face à l’Hôtel Dufayel et sur l’Eglise Sainte Marie.

Juin 1940 – Les Allemands sont aux portes de la Normandie. Au Havre c’est la panique. Les allemands bombardent jours et nuit. Les entrepôts du quartier de l’Eure, les Magasins Généraux, les Docks Vauban brûlent uns à uns. Rouen est pris le 9 Juin et l’armée de Rommel fonce vers Le Havre. Les havrais tente de quitter la ville par n’importe quel moyen, barque, remorqueur, cargo, bouée. Des témoins diront que les quais de la ville étaient semblables à un navire qui sombrait, tant c’était la panique. Il faut dire que dans l’imaginaire local et dans la propagande de la presse locale les Allemands étaient incarnés par des ogres sanguinaires avec le couteau entre les dents. Le Dimache 9 Juin, Le Havre est sans cesse bombardé, les quais sont mitraillés, c’est là qu’à lieu la tragiquement célèbre catastrophe du Niobé en rade du Havre (800 morts). En cette fin de journée l’atmosphère de tragédie du aux bombardements, aux centaines d’incendies, et à la panique générale est amplifiée par le début des incendies volontaires des installations pétrolières afin de priver les Allemands de ces réserves stratégiques. Les Bacs de la CIM sont incendiés en début d’après midi, suivi le lendemain par les bacs de la CFR (Raffinerie de Gonfreville l’Orcher) puis par ceux de la société Desmarais (quartier de l’Eure).

Ci dessous, une photo des incendies des Bacs de la CIM prises depuis la Plage de Trouville sur Mer. On appercoit en arrière plan la côte et la ville haute du Havre. Les fumées très impressionnantes s'élèverons jusqu'à 2000 mètres d'altitude et ferons vivre les havrais pendant plusieurs jours dans une quasi obscurité. En pleine journée de Juin, en centre-ville du Havre, les voitures devaient rouler avec les phares allumées. Ces fumées ainsi que celles des raffineries de Rouen seront visibles jusqu'à Paris !!!

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Dimanche 9 Juin 1940, depuis le quai de Southampton, en centre-ville du Havre. Une atmosphère d'apocalypse règne. La photo a été prise en direction de l'Est. A gauche, le siège du Port Autonome du Havre et au centre le bassin de la Citadelle, actuel Terminal Ferry...

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Après la prise du Havre, les pompiers allemands tentent en vain d'éteindre les incendies de la CIM...

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Survol de la CIM par un avion de reconnaissance Allemand, 1 moi après les incendies...

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La CFR (Compagnie Française de Raffinage) plus couramment appelée Raffinerie de Gonfreville l'Orcher...photos prise après les incendies.

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Vue prise depuis le chateau de Gonfreville l'Orcher

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Les Allemands se serviront de ces photographies aeriennes pour faire de la fausse propagande. Ainsi, dans le journal Nazi "Der Adler" grâce à un judicieux montage photo, ils feront croire que la Raffinerie de Gonfreville est une raffinerie Anglaise bombardée par un Stuka Allemands...

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Etat d'un bac de la CFR après l'incendie...l'image se passe de commentaire.

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