Début d'une série sur Le Havre des années 1930. Pourquoi une série sur cette époque ??? Parce qu'il s'agit des clichés les plus contemporains de l'ancien Havre, les vues les plus proches de se que nous aurions pu connaître si l'histoire en avait décidé autrement...

A la veille de la Seconde Guerre Mondiale, Le Havre, semblait à l'apogée de son rayonnement mais l'apparence de la ville et de certains quartiers ne cachaient pas les difficultés que rencontrait la population depuis le krach de 1929. Cette crise économique fut fatale à la place boursière du Havre entraînant avec elle bon nombre d'armateurs et de riches négociants et ayant des répercutions sur toute l'économie locale. 1930" étaient une période de contrastes, entre le faste des Transatlantiques qui accostaient au Havre et la misère "moyenâgeuse" des habitants de Notre-Dame et de Saint-François.  Léon Meyer, ce célèbre maire du Havre élu depuis 1919, était bien conscient du problème et fit beaucoup pour faciliter la vie des havrais. Il faisait marcher ses relations en important par exemple du bétail du Maroc afin de diminuer le prix de la viande dans l'agglomération havraise alors que l'Europe faisait face à une terrible inflation. L'action de Léon Meyer fut également très importante pour le développement du Port et de la ville du Havre. Une modernisation progressive fut mise en place dans les vieux quartiers et de nouveaux équipements virent le jour comme la nouvelle Gare du Havre, le Stade Jules Deschaseaux, de nouvelles lignes de tramway, la construction de l'escalier Roulant et du le Parc des Expositions ainsi que la réalisation de la Piscine du Cours de la République ou le percement du boulevard Clémenceau. D'autres actions furent entreprises afin d'embellir la ville, avec les fameuses "Jardinières à Meyer" pour reprendre l'expression des havrais, ces sortes de jardinières visibles sur beaucoup de photos de l'époque, accrochées aux candélabres et autres poteaux de tram, comme nous pouvons voir sur la photo ci dessous:

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La municipalité de Léon Meyer avait déjà beaucoup de projets pour le début des années 1940 comme le percement d'un Tunnel entre la ville basse et la ville haute, la réalisation du rocade routière pour rejoindre Harfleur à Sainte Adresse ou la transformation du Funicualire en mini métro pour rejoindre directement la place Thiers à la Cavée Verte. Mais le plus grand et le plus compliqué des projets consistait à poursuivre l'assainissement du vieux Havre en perçant de nouveaux boulevards au coeur de Saint-François et de Notre-Dame. Les projets les plus fous et les plus radicaux furent étudiés comme celui de l'architecte Henri Sauvage qui envisageait de construire des buildings pyramidaux en lieu et place des vieilles bâtisses et sombres ruelles. Mais la guerre fut encore plus radicale que les projets des années 30 en faisait du Havre la ville la plus détruite de France.

Le bel élan des années 1930 fut coupé par l'occupation allemande. Léon Meyer qui était d'origine Israélite fut envoyé en déportation et ne revient au Havre qu'en 1945 dans une ville défigurée par quelques 157 bombardements. Après une nouvelle tentative pour devenir maire du Havre, il du se résigner à quitter la ville car les havrais lui en voulaient toujours d'avoir voté les pleins pouvoir à Pétain en 1940. Ainsi il "s'exila" à Paris, ville dans laquelle il décèdera en Janvier 1948, laissant la place à un autre grand maire, Pierre Courant... mais ceci est une autre histoire.

Ci dessous, une photo prise devant le monument aux morts en Mai 1935. Le Président de la République Albert Lebrun était venu au Havre pour assister aux festivités liées à l'inauguration du paquebot NORMANDIE. Nous pouvons voir à quelques mètres derrière le Président de la République, le maire du Havre, Léon Meyer.

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A suivre...