Nuit du 27 ou 28 Septembre 1940 - bombardement et explosion d,un train de munition à Graville
Bonsoir à tous,
Les photos que je vais vous présenter sont des photos inédites, puisque issues d'une collection privée retrouvée recemment par Mme Martine GRAVE. Je la remercie au passage pour m'avoir donné l'authorisation de les publier.
Si vos parents ou grands parents étaient au Havre pendant la guerre, ils vous ont obligatoirement parlé de cette térrible explosion du train de munition à Graville. Cet événement est probabablement l'un des évenement qui à le plus marqué la mémoire collective des havrais avec les bombardements de Septembre 44.
Pour vous resituer historiquement, le 27 Novembre 1940, les Allemands ont envahi Le Havre 5 mois plus tôt. Alors que l'Angleterre résistent coute que coute à l'invasion, Hitler et ses généraux préparent un grand plan militaire pour donner le coup de grâce aux Anglais. Ainsi Hitler décide de faire du Havre sa principale base arrière pour l'opération Selowë, nom de code de l'opération qui consistait à débarquer sur les plages Anglaise.
Au Havre, depuis plusieurs semaines, tous les bateaux, du plus gros ou plus petit se concentre dans tous les bassins de la ville. C'est probablement une des dernière fois que les bassins historiques du centre-ville furent utilisés. Pour que ce débarquement Allemand réussisse, il fallait acheminer le plus rapidement possible, avant l'hiver, une grande quantitée de munitions. En période de pénurie d'essence c'est bien entendu le rail qui fut mis à constribution.
De l'autre côté de la Manche, cette gigantesque Armada en préparation, ne passa pas inaperçu. A partir de Septembre 1940, Le Havre était devenu la cible privilégiée de la RAF (la Royal Air Force) qui bombardait tous les jours, jusqu'à trois fois par jours, pour ralentir ce grand et térrible projet d'Hitler.
Ainsi le soir du 27 Novembre 1940, face à la Gare de Graville, une certaine agitation règnait sur les voies ferrées. Un wagon en particulier fut manoeuvré plusieurs fois et semblait gêner les cheminot Allemands. Ces manoeuvres ont mis la puce à l'oreille de certains, qui n'ont pas hésité à s'éloigner du quartier pendant la nuit.
En pleine nuit du 27 au 28, un avion appartenant à l'escadrille de la RAF venu bombarder Le Havre est venu piquer sur ce convoi ferroviaire beaucoup trop visible au coeur du quartier de Graville...c'était une si belle cible ! Les bombes lachées, une gigantesque explosion vint ébranler l'agglomération havraise. Le train devait contenir des centaines de torpilles de marine destinées à l'opération Selowë. Ou cours de cette térrible explosion, les quartiers de Graville, Soquence et Aplemont furent particulièrement touchée. Aucune maison, aucun immeuble ne resista entre la Gare de Graville et l'Abbaye de Graville. Tout rectangle compris entre l'avenue Jean Jaures, la rue A - Barbès, la rue Mieulle et la rue de Verdun s'éffondra comme un chateau de cartes sous l'onde de choc. Des morceaux de rails entiers furent retrouvé dans certains jardins de l'avenue Paul Verlaine à Aplemont. Le centre-ville du Havre à lui aussi ressentit l'onde de choc, ou plusieurs vitres ont volé en éclats.
Cette explosion couta la vie à une dixaine de personnes et fit plus de quatre vingt dix blessées. Par miracle beaucoup d'habitants du quartier étaient partis trouvant la situation de ce train quelques peut étrange.
Voici le reportage photographique de Mr et Mme GRAVE, les parents de Martine GRAVE, qui je le rappele, possaidait un magasin de photographie, rue de Paris, face aux Galeries du Havre.
Le cratère de l'explosion, équivalent en profondeur à un immeuble de trois étages. Il ne restait plus rien du triage de Graville ni même de la gare, située juste en face de l'explosion.
Les habitants rescapés du quartier viennent constater les dégats...
Imaginez la puissance de l'explosion pour broyer et retourner un wagon de plusieurs tonnes. En arrière plan, les ruines des pavillons des rue Mieulle et de Nancy. Sur la côte nous appercevons la propriété du Bois Cody, détruite dans les années 70 lors du percement de l'avenue Pablo Picasso.
L'enchevetrement de poutres, de rails et de bogies. Tout ce qui restait des trains stationnés aux alentours.
La carcasse encore fumante d'un wagon situé à proximité et soufflé par l'explosion. Celui là transportait également des munitions et par chance elles n'ont pas explosé. Nos photographes ont pris beaucoup de risque en prennant ces clichés
Mais très vites les soldats Allemands reprennent possession du terrain. Les photos étant interdites et punies il fallait vite cacher son appareil. Les Allemands détestaient se retrouver en situation de faiblesse. Ces photos sont d'autant plus précieuses, qu'elle ont été prise avec de gros risques, risques d'explosions et risques d'emprionnement.






