20 novembre 2009
Mai 1938: Le LAFAYETTE est en flammes... l'ombre de la guerre est déjà sur Le Havre
Le 4 Mai 1938, le paquebot LAFAYETTE, traditionnellement affecté à la ligne Le Havre - New York, est dans la forme de radoub n°7 pour carénage.
Vers 21h00, au moment de l'allumage d'une chaudière auxiliaire une étincelle se produit et communique le feu à une nappe de mazout. Celui-ci se propage rapidement à une caisse de combustible toute proche. Les pompiers du bord, aidés des Pompiers de la Compagnie Générale Transatlantique dirigés par Mr Lambert combattent l'incendie.
L'incendie prenant des proportions, on fait appel aux Pompiers du Havre sous les ordres du Commandant Dumont. Par malheur , des appels d'air donnent de la vigueur aux flammes qui trouvent un aliment de choix dans les boiseries et atteignent d'abord les compartiments avant, puis ceux arrière, sous le pont promenade.
Vers 23h00 une immense flamme jaillit au centre du navire presque sous la cheminée: il y'a danger pour les sauveteurs ... La passerelle arrière leur est inaccessible, on lance des échelles de corde mais trop courtes. On sauve un groupe d'hommes avec des échelles à coulisse du fond de la forme de radoub.
Minuit, une passerelle est mise en place à l'avant, on évacue le navire. Il était temps, plusieurs explosions dues aux différents bacs de mazout atteints par les flammes se produisent. En quelques minutes, tout le navire n'est qu'un immense brasier, on récupère une partie du matériel d'incendie... "les tripes font mal, on est impuissant, c'est le feu qui gagne..." Pompiers et marins ont les larmes aux yeux.
2h00 du matin, les bateaux-pompes du Port Autonome du Havre sont là pour éviter toute extension du feu. L'appel du personnel du navire ainsi que des éventuels ouvriers permet de croire qu'il n'y a pas de victime.
2h30 du matin, le mat avant s'écroule dans un fracas terrible avec des gerbes d'étincelles. A 3h00, reprise des explosions, ce sont des bouteilles d'oxygène qui sautent, les lances grande-puissance arrosent la carcasse depuis le bord de la Forme 7.
Au petit matin, le feu à diminué d'intensité, il y'a moins de flammes, mais une immense colonne du fumée monte au dessus du navire.
1300 tonnes de mazout sont dans les soutes du navire: pour protéger les installations de la grande forme de radoub, on la met en eau sur une hauteur de 4 mètres, comme celà la coque est réfrigérée et le bateau ne flotte pas. Les remorqueurs de la Transat, "TITAN", "URSUS" et "MINOTAURE" sont prêts à toute éventualité. ILE DE FRANCE à été déhalé par mesure de sécurité.
Le 6 Mai 1938 au matin, l'incendie n'est pas encore totalement maîtrisé, la carcasse refroidit progressivement et les pompiers descendent de plus en plus bas dans le grand squelette.
Dans le milieu de l'après midi, le feu est éteint. Le 26 Mai, le LAFAYETTE est conduit au quai de 175 mètres: Le déhâlage à des allures de cérémonie funèbre devant une foule immense.
L'incendie à fait une victime. Vers les couchettes métalliques les ouvriers ont retrouvé quelques vertèbres, une boîte crânienne et un morceau de tibia... on ne saura jamais qui à péri dans l'incendie.
La carcasse du grand paquebot sera ensuite conduite à Rotterdam pour y être découpée.
15 novembre 2009
Le commerce Havrais et les grandes Enseignes
Alors que Le Havre vient d'inaugurer il y'a quelques semaines le plus grand centre commercial de son histoire (60 000 m2 de commerces), revenons 80 ans en arrière, époque à laquelle les premières grandes enseignes ont fait leur apparition dans les rues du Havre.
Si le magasin A LA BOULE D'OR fut l'une des première succursale du Printemps en province, nous pouvons dire que MONOPRIX, PRISUNIC et BATA furent parmi les premières grandes enseignes nationales et internationales à s'installer au Havre.
Le 2 Décembre 1931, le magasin de Chaussures BATA ouvrait ses portes au 24 de la place de l'hôtel de Ville, soit à la même adresse qu'aujourd'hui.
Dans l'ouvrage de Jean Legoy (Le peuple du Havre et son Histoire), nous apprenons que 2 ans plus tard, le 4 Septembre 1933, Jean Bata, frère de Thomas Bata, fondateur de l'usine de chaussures tchèque, revenait de l'exposition de Chicago par le paquebot Champlain. Aussitôt débarqué, il se fit conduire à la succursale Bata place de l'hôtel de Ville, qu'il visita dans le plus petit détail. A la sortie, comme on lui demandait s'il était satisfait de sa visite, il répondit: "Je ne suis jamais satisfait !". Et accompagné de Léon Molon, représentant de la maison de chaussures paternelle, il se dirigea alors vers l'aérodrome de Bléville ou l'attendait son avion personnel qui prit aussitôt l'air pour Zlin, le siège principal des usines Bata.
Moins de deux ans plus tard, le Vendredi 3 Novembre 1933 à 14h30, MONOPRIX inaugurait au Havre son second magasin de France après celui de Rouen. Monoprix était situé place Thiers, un emplacement qu'il conservera jusqu'en 1999, année à laquelle il fut intégré au centre commercial Coty. Depuis cette date, le MONOPRIX du Havre est devenu l'un des quatre plus grands magasins de l'enseigne en France, notamment grâce à son immense rayon habillement et quincaillerie, compensant largement la disparition des NOUVELLES GALERIES, propriété du même groupe.
Dans la publicité parue la veille dans le journal HAVRE ECLAIR, Monoprix lançait le slogan "Vente à Prix Uniques". Un slogan très osé car 1 mois plus tard, son principal concurrent, PRISUNIC, ouvrait également ses portes, avenue Thiers, face à la Banque de France. PRISUNIC était une filiale des magasins PRINTEMPS, commerce bien connu au Havre. Avec PRISUNIC et MONOPRIX, les deux grands magasins havrais souhaitaient créer ainsi des annexes plus populaires car n'oublions pas qu'en 1933, le Monde subissait la plus violente crise économique de l'histoire.
Après les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale, PRISUNIC à migré vers le quartier du Rond Point, rue Aristide Briand à l'emplacement de l'actuel Champion, devenu Carrefour Market récemment. PRISUNIC ferma définitivement ses portes à la fin des années 80, tout comme la centaines d'autres magasins de l'enseigne en France.
Ci dessous, une photo du magasin PRISUNIC (quartier Thiers) pendant l'occupation Allemande:
http://www.14910.net/occup/124.jpg
11 novembre 2009
Tout beau, tout neuf !
Avant la guerre, l'actuel "Vieux Havre" était considéré comme le "Nouveau Havre". En effet, dès la fin du XIXeme siècle et jusqu'au début du XXeme siècle, les quartiers Danton, Sainte-Marie, Ormeaux et Rond Point, ont vu l'édification de milliers d'immeubles de rapport en brique jaunes et rouges avec pour certains des ornementations en pierre de taille, ceci afin de faire face à l'accroissement de la population.
Par chance, les bombardements massifs de Septembre 1944 ont épargné beaucoup de ces immeubles et aujourd'hui, au gré des ravalements, ce sont de petits bijoux architecturaux qui renaissent à nos yeux...
Ci dessous, un immeuble de la rue Jules Tellier tout juste terminé et occupé par ses premiers propriétaires. Sur la gauche, les palissades de chanteir d'un nouvel immeuble.
Je n'ai malheureusement pas retrouvé de traces de cet immeuble. Peut être à t'il été détruit, peut être se trouve t'il dans une autre rue ? Je lance l'enquête !
02 novembre 2009
La Gare à Meyer...
La Gare du Havre, exemple typique de l'architecture Art Déco des années 1930. Beaucoup de gens croient que cette gare date de la reconstruction Perret alors que celle-ci à été réalisée en 1932.
Ci dessous, la Gare du Havre avec son beffroi, après la guerre. En arrière plan, nous apercevons la longue façade des Docks Vauban, qui étaient encore loin de devenir un centre commercial. Sur la gare, une publicité annonce la V eme foire expo du Havre.
La reconstruction de la gare du Havre était un projet qui tenait particulièrement à coeur à notre grand maire de l'époque, Mr Léon Meyer. Ce dernier fut un de ces maires "bâtisseurs" comme le fut Pierre Courant après la guerre et Antoine Rufenacht actuellement.
Ci dessous, autre vue prise après la guerre depuis l'hôtel Terminus. En arrière plan, à l'emplacement du Novotel, l'Hotel Printania. Ce dernier, désaffecté depuis les bombardements de 1942 attend sa démolition.
La photo ci dessous à été prise lors de l'inauguration de la nouvelle gare du Havre en 1932. Vous pouvez y voir de droite à gauche, le maire Léon Meyer, qui fut maire du Havre jusqu'en 1940. Au centre, le sénateur René Coty, dont personne ne se doutait qu'il allait devenir un jour Président de la 4eme République. Sur la gauche, Raoul Dautry, directeur de la compagnie des chemins de fer de l'Etat et initiateur du projet de reconstruction de la Gare du Havre. C'est notamment lui qui à imposé le choix d'Henri Pacon comme architecte en chef pour son projet sobre et élégant et avec une monumentalité représentative de l'époque.
Ce projet à tout de suite eu son lot de détracteurs et d'admirateurs. Parmi ces admirateurs, Adolf Hitler, le chancelier du IIIeme Reich, qui se pique de connaissances en architecture, au point qu'il ordonne la construction d'une réplique quasi exacte pour la gare de Bertschesgaden, lieu de sa résidence de vacances...Cette dernière info pour le moins étonnante est issue de l'ouvrage de Jean Legoy "Le Peuple du Havre et son histoire - croissances et crises"
Ci dessous, le plan de la nouvelle Gare du Havre et de son quartier. Vous pouvez remarqué le tracé des lignes de tramways qui desservaient le quartier (lignes 1-3-4-6-8). Un véritable pôle multimodal comme on l'appelerait aujourd'hui !
En pointillés, vous remarquerez l'emplacement de l'ancienne gare.
01 novembre 2009
"LH RATHAUS PLATZ!"... 20 ans après
Pour faire plaisir à certains d'entre vous et coller à l'actualitée, voici d'autres photos du Havre des années Eighties (1980/1990).
Jusqu'en 1989, la Place de l'Hotel de Ville avait conservé son aspect d'après guerre avec une chaussée centrale démesurément grande, conçu pour une ville de plus d'1 millions d'habitants. Difficile de comparer notre magnifique place d'aujourd'hui, désormais exclusivement réservée aux piétons et aux bus (bientôt aux tramways) avec celle d'il y'a 20 ans.
Dans les années 80, la Place de l'Hotel de Ville n'avait pas encore ce rôle de "place principale" du centre-ville. Il ne faisait pas bon y flâner au milieu d'un flot constant de véhicules et d'autobus ! Certains commentaires peut élogieux comparaient cette chaussée centrale, à l'Alexanderplatz de Berlin. 20 ans après la chute du mur, Le Havre tout comme Berlin ont profondément évolué mais ces deux villes ont toujours le poids de l'histoire gravé dans leurs chaires...
http://www.deezer.com/listen-3090549
27 octobre 2009
Un Palais Fantomatique... [1945]
Il existe bien peu de photos du Palais de Justice du Havre au lendemain de la libération. Pourtant celui-ci à bien faillit totalement disparaître sous les bombardements de l'été 44.
Voici l'unique image que j'ai trouvé de notre palais de Justice au lendemain de la guerre. Fenêtres explosées, toiture arrachée par le souffle des explosions, façade criblées d'impactes et noircie par les incendies. Aujourd'hui encore, la façade témoigne de cet épisode de l'histoire. Par endroits, les trous causés par les explosions ont été grossièrement rebouchés.
Comme le prouve cette image, toute la partie située entre le Palais de Justice et le Bassin du Commerce n'était que ruines...
Image à mettre en rapport avec l'article publié recemment par Laurent DUREL: http://lehavre-archives-durel.blogspot.com/search/label/11%20-%20Le%20lion%20du%20Palais%20de%20Justice
25 octobre 2009
Tramway ligne 2 - (1947) - en zone sinistrée
Ces quelques images proviennent d'un film tourné au Havre en 1947. Vous pouvez y voir une rame de la ligne 2 composée d'une Motrice H47, toute neuve et de sa remorque, neuve elle aussi. Après la guerre, le réseau CGFT du Havre à en effet commandé une dizaine d'exemplaires de ces motrices pour ces 7 lignes remises en service après la guerre. Sur les 110 motrices d'avant guerre, il n'en restait plus qu'une petite moitié capable de circuler au lendemain de la guerre. Malgré leur remise en état par les mécaniciens du réseau, le réseau du Havre avait bien besoin d'un renouvellement de son matériel.
Pour vous situer nous sommes ici entre la Place Thiers (que l'on aperçoit au fond) et la Place de l'Hotel de Ville (terminus de la ligne 2 depuis Octobre 1944). Sur la gauche, la cité commerciale provisoire (au niveau de l'actuel agence HAVAS, Café LE DEAUVILLE, magasins EURODIF et CODET). Sur la droite, mais on ne la voit pas, la Banque de France.
Ces motrices de type H47 (HAVRE1947) ont circulé seulement 4 petites années sur le réseau. Certaines d'entres elles ont été envoyées sur le réseau d'Hanoï lorsque les trams du Havre ont été remplacés par des bus et Trolleybus. Un beau gachis, reproduit dans toutes les grandes villes de France entre 1945 et 1960 !
Malgré celà, il faut saluer le travail accomplit après la guerre pour remettre en service un réseau de transport efficaces qui contribua grandement à l'effort de reconstruction. Le Havre, qui était pourtant la ville la plus sinistrée de France à réussi à prolonger la vie de ses tramways jusqu'au début des années 50 alors que des villes comme Paris ou Orléans l'avaient déjà supprimé au milieu des années 1930. Au Havre, des portions de lignes ont été entièrement reconstruites pour être supprimées quelques années plus tard.
L'avenue Réné Coty au début des années 80
Une des avenues les plus commerçante du Havre dans les années 80... (clin d'oeil à Jean Michel)
En direction de la Place Thiers...
18 octobre 2009
Docks "Haut" Vent...
Ce Samedi, comme beaucoup de havrais, je suis allé découvrir le nouveau centre commercial des Docks Vauban. Voici quelques photos prises depuis le 6eme étage du parking Océane, préfigurant la vue qu'il y'aura depuis la futur Tour Jean Nouvel... une chose est sure, de la haut, ca souffle fort !
La CCI et notre bateau feu, transformés en supports publicitaires vantant l'avenir du Havre...
La gigantesque toiture des Docks Vauban...
L'emplacement de la futur Tour CMA CGM...
Le centre ville, ses grues de chantier, le quotidien dans le paysage havrais des années 2000.
Le World Trade Center sans les tours...
Le PAH (GPMH), le quai de Southampton et le terminal Transmanche
Les Bains des Docks:
Le bassin Vauban, futur port de plaisance...
Le quartier d'affaire de la Gare, le centre-ville reconstruit en arrière plan.
La foire Saint Michel, sa grande roue, ses manèges à sensations
Autre verrière, celle de la Gare du Havre.
L'emplacement de la futur Tour Jean Nouvel... le chantier continu !
10 octobre 2009
Une DS dans les rues du Havre: Ambiance 1950'
Quoi de plus significatif qu'une DS dans les rues du Havre pour symboliser la France de l'après guerre ?
Cette vue prise depuis le quai Georges V présente Le Havre à la fin de la reconstruction. Les lignes de l'architecture Perret se mêlent aux belles carrosseries des années 40-50.
Pourtant, des vestiges du passé s'offrent encore à nos yeux. Outre le monument aux morts que tout le monde connaît, sur la gauche on apperçoit l'ancienne passerelle du commerce, gravement endommagée par les bombardements et remplacée par une passerelle ultra moderne à la fin des années 60.
En arrière plan, l'emplacement du Grand Théâtre qui deviendra plus tard le Grand Volcan. Si nous pouvons avoir des idées divergentes au sujet du Volcan, il faut avouer que de loin, ce dernier donne une belle allure à la perspective du bassin du Commerce.
Et voici à quoi devrait ressembler le quai Georges V dans 2 ans. Des travaux seront réalisés parallèlement au tramway pour transformer ce quai historique en véritable lieu de promenade.
image Ateliers Lion, architectes & urbanistes
Et pour le plaisir, une autre photo d'un DS dans les rues du Havre reconstruit. Ici sur l'Avenue Foch, avec un arrière plan l'ilot S29 (clin d'oeil à Arnaud ;-) )










































