Le 4 Mai 1938, le paquebot LAFAYETTE, traditionnellement affecté à la ligne Le Havre - New York, est dans la forme de radoub n°7 pour carénage.

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Vers 21h00, au moment de l'allumage d'une chaudière auxiliaire une étincelle se produit et communique le feu à une nappe de mazout. Celui-ci se propage rapidement à une caisse de combustible toute proche. Les pompiers du bord, aidés des Pompiers de la Compagnie Générale Transatlantique dirigés par Mr Lambert combattent l'incendie.

L'incendie prenant des proportions, on fait appel aux Pompiers du Havre sous les ordres du Commandant Dumont. Par malheur , des appels d'air donnent de la vigueur aux flammes qui trouvent un aliment de choix dans les boiseries et atteignent d'abord les compartiments avant, puis ceux arrière, sous le pont promenade.

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Vers 23h00 une immense flamme jaillit au centre du navire presque sous la cheminée: il y'a danger pour les sauveteurs ... La passerelle arrière leur est inaccessible, on lance des échelles de corde mais trop courtes. On sauve un groupe d'hommes avec des échelles à coulisse du fond de la forme de radoub.

Minuit, une passerelle est mise en place à l'avant, on évacue le navire. Il était temps, plusieurs explosions dues aux différents bacs de mazout atteints par les flammes se produisent. En quelques minutes, tout le navire n'est qu'un immense brasier, on récupère une partie du matériel d'incendie... "les tripes font mal, on est impuissant, c'est le feu qui gagne..." Pompiers et marins ont les larmes aux yeux.

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2h00 du matin, les bateaux-pompes du Port Autonome du Havre sont là pour éviter toute extension du feu. L'appel du personnel du navire ainsi que des éventuels ouvriers permet de croire qu'il n'y a pas de victime.

2h30 du matin, le mat avant s'écroule dans un fracas terrible avec des gerbes d'étincelles. A 3h00, reprise des explosions, ce sont des bouteilles d'oxygène qui sautent, les lances grande-puissance arrosent la carcasse depuis le bord de la Forme 7.

Au petit matin, le feu à diminué d'intensité, il y'a moins de flammes, mais une immense colonne du fumée monte au dessus du navire.

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1300 tonnes de mazout sont dans les soutes du navire: pour protéger les installations de la grande forme de radoub, on la met en eau sur une hauteur de 4 mètres, comme celà la coque est réfrigérée et le bateau ne flotte pas. Les remorqueurs de la Transat, "TITAN", "URSUS" et "MINOTAURE" sont prêts à toute éventualité. ILE DE FRANCE à été déhalé par mesure de sécurité.

Le 6 Mai 1938 au matin, l'incendie n'est pas encore totalement maîtrisé, la carcasse refroidit progressivement et les pompiers descendent de plus en plus bas dans le grand squelette.

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Dans le milieu de l'après midi, le feu est éteint. Le 26 Mai, le LAFAYETTE est conduit au quai de 175 mètres: Le déhâlage à des allures de cérémonie funèbre devant une foule immense.

L'incendie à fait une victime. Vers les couchettes métalliques les ouvriers ont retrouvé quelques vertèbres, une boîte crânienne et un morceau de tibia... on ne saura jamais qui à péri dans l'incendie.

La carcasse du grand paquebot sera ensuite conduite à Rotterdam pour y être découpée.

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